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États-Unis : plus de 2 700 demandes d’asile clôturées grâce à un accord avec l’Ouganda, dont 285 Camerounais

Un rapport de Human Rights Watch publié le 8 octobre 2026 met en cause l'utilisation par l'administration américaine d'un accord migratoire conclu avec l'Ouganda. Depuis janvier 2025, plus de 2 700 procédures d'asile auraient été clôturées sans examen du fond des demandes, au motif que les personnes concernées pourraient solliciter une protection dans ce pays africain. Parmi elles figurent notamment 285 Camerounais, selon RFI.

NS DIGITAL SERVICES · 12 octobre 2026 · 5 min de lecture

États-Unis : plus de 2 700 demandes d'asile clôturées grâce à un accord avec l'Ouganda, dont 285 Camerounais

Plus de 2 700 procédures d'asile ont été clôturées aux États-Unis depuis janvier 2025, sans examen du fond des demandes, en lien avec un accord migratoire conclu entre Washington et l'Ouganda.

Cette situation est dénoncée par l'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW), dans un rapport publié le 8 octobre 2026 et présenté par Radio France Internationale (RFI) le 10 octobre.

Parmi les personnes concernées figurent plusieurs centaines de ressortissants africains, dont 285 Camerounais.

Un accord migratoire entre Washington et Kampala

En juillet 2025, les États-Unis et l'Ouganda ont conclu un accord permettant, selon les informations rapportées par RFI, d'envisager le transfert de certains demandeurs d'asile vers ce pays d'Afrique de l'Est.

Dans le cadre de cette politique, les autorités américaines considèrent que certaines personnes peuvent demander une protection en Ouganda plutôt que de voir leur dossier examiné sur le fond aux États-Unis.

Human Rights Watch conteste cette utilisation de l'accord, qu'elle considère comme un moyen de contourner les garanties normalement accordées aux demandeurs d'asile.

Plus de 2 700 procédures clôturées sans examen du fond

Selon les chiffres rapportés par RFI, plus de 2 700 procédures d'asile ont été clôturées depuis janvier 2025 avec l'Ouganda comme pays de destination envisagé.

Les dossiers concernés n'auraient pas fait l'objet d'un examen approfondi des motifs de protection invoqués par les demandeurs.

Pour Human Rights Watch, cette pratique soulève une question fondamentale : une personne présente sur le territoire américain peut-elle être privée de l'examen de sa demande d'asile au motif qu'un autre pays serait susceptible de l'accueillir ?

285 Camerounais parmi les personnes concernées

Les données citées par RFI font apparaître plusieurs nationalités africaines parmi les demandeurs d'asile touchés par cette politique.

  • Environ 700 ressortissants guinéens ;
  • Environ 500 ressortissants sénégalais ;
  • Plus de 400 ressortissants mauritaniens ;
  • 285 ressortissants camerounais.

Ces chiffres montrent que la politique américaine concerne également des ressortissants d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Ouest.

Pour les Camerounais concernés, la question principale demeure celle de leur situation juridique et de l'accès effectif à une procédure de protection.

Seulement huit personnes transférées en Ouganda

L'un des éléments les plus marquants du rapport est l'écart entre le nombre de procédures clôturées et celui des transferts effectivement réalisés.

Alors que plus de 2 700 dossiers sont concernés, seules huit personnes auraient été transférées en Ouganda au moment de la publication du rapport.

Ce décalage soulève des interrogations sur la capacité du dispositif à fonctionner dans les conditions annoncées.

Il ne permet cependant pas, à lui seul, de déterminer le sort individuel des personnes dont les procédures ont été clôturées.

Human Rights Watch dénonce un contournement du droit d'asile

Michael Garcia Bochenek, l'un des auteurs du rapport de Human Rights Watch, estime que les autorités américaines utilisent l'accord avec l'Ouganda pour empêcher certaines personnes d'exercer leur droit de demander l'asile aux États-Unis.

Il rappelle, selon RFI, que la législation américaine prévoit la possibilité pour une personne présente sur le territoire de solliciter une protection.

L'organisation conteste ainsi le recours à un accord avec un pays tiers pour mettre fin à des procédures sans examen du fond.

Cette analyse représente la position juridique défendue par Human Rights Watch. La légalité du dispositif et son application peuvent également faire l'objet de procédures et d'interprétations judiciaires.

Quel avenir pour les personnes concernées ?

Plusieurs questions restent sans réponse dans les informations publiées par RFI.

Les personnes dont les procédures ont été clôturées pourront-elles effectivement déposer une demande d'asile en Ouganda ? Quelles garanties de protection leur seront accordées ? Et que se passera-t-il si leur transfert n'est pas réalisé ?

Human Rights Watch exprime notamment des doutes sur la capacité ou la volonté de l'Ouganda d'accueillir toutes les personnes potentiellement concernées.

Le reportage ne précise pas le statut individuel des 285 Camerounais ni leur lieu de résidence actuel.

Ce que cette affaire révèle sur la politique migratoire américaine

Le recours à des accords avec des pays tiers s'inscrit dans la politique migratoire restrictive menée par l'administration de Donald Trump.

Pour les autorités américaines, ces mécanismes s'inscrivent dans leur stratégie de gestion des demandes de protection et des expulsions.

Pour Human Rights Watch, leur utilisation risque au contraire de limiter l'accès à une procédure d'asile effective.

Le débat porte donc à la fois sur les prérogatives des États en matière migratoire et sur les garanties juridiques reconnues aux personnes qui demandent une protection internationale.

Conclusion

Le rapport de Human Rights Watch met en lumière les conséquences possibles de l'accord migratoire entre les États-Unis et l'Ouganda sur plusieurs milliers de demandeurs d'asile.

Avec 285 ressortissants mentionnés, le Cameroun figure parmi les pays directement concernés par les données rapportées.

Au-delà des chiffres, la principale interrogation demeure l'accès réel des personnes concernées à une procédure de protection et les garanties dont elles pourront bénéficier.

Sources et références

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Note éditoriale : les chiffres et les critiques juridiques présentés dans cet article proviennent du reportage de RFI du 10 octobre 2026, consacré au rapport de Human Rights Watch publié le 8 octobre.

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