Midterms 2026 aux États-Unis : pourquoi la relation avec Israël divise démocrates et républicains
À trois semaines des élections de mi-mandat aux États-Unis, la relation avec Israël occupe une place importante dans le débat électoral. Dans le Michigan, la candidature du démocrate Abdul El-Sayed face au républicain Mike Rogers révèle des désaccords sur la guerre à Gaza, les livraisons d'armes américaines et l'influence des groupes de pression. Des divisions qui traversent aussi bien le Parti démocrate que le Parti républicain.
À l'approche des élections américaines de mi-mandat, prévues le 3 novembre 2026, la relation entre les États-Unis et Israël s'impose comme un sujet de désaccord au sein des deux principaux partis politiques américains.
Traditionnellement soutenue par une large partie de la classe politique à Washington, l'alliance avec Israël fait désormais l'objet de débats plus visibles, notamment sur l'aide militaire américaine, la guerre à Gaza et les priorités budgétaires nationales.
Dans une analyse publiée le 13 octobre 2026, Radio France Internationale (RFI) s'intéresse particulièrement à la course au Sénat dans le Michigan, où s'affrontent le démocrate Abdul El-Sayed et le républicain Mike Rogers.
Les midterms 2026 : un scrutin important pour la politique américaine
Les élections de mi-mandat, appelées « midterms », se déroulent à mi-parcours du mandat présidentiel.
Le 3 novembre 2026, les électeurs américains sont notamment appelés à renouveler l'ensemble des sièges de la Chambre des représentants et une partie de ceux du Sénat.
Le résultat de ces élections déterminera l'équilibre des forces au Congrès, institution qui joue un rôle essentiel dans l'adoption des lois, le vote des budgets et le contrôle de l'exécutif.
Dans ce contexte, les questions de politique étrangère peuvent influencer les débats électoraux, même si le pouvoir d'achat et les préoccupations économiques restent au centre de nombreuses campagnes.
Dans le Michigan, Abdul El-Sayed défend une autre approche des relations avec Israël
Abdul El-Sayed, 41 ans, est un ancien responsable de santé publique et épidémiologiste issu d'une famille d'origine égyptienne.
Positionné à gauche du Parti démocrate, il défend notamment une couverture de santé de base pour tous et des mesures concernant le pouvoir d'achat.
Selon RFI, il a remporté de justesse la primaire démocrate du Michigan au début du mois d'août 2026 face à Haley Stevens, candidate plus modérée.
Sa campagne bénéficie du soutien de personnalités de la gauche démocrate, notamment Alexandria Ocasio-Cortez et Zohran Mamdani.
Sur la politique étrangère, Abdul El-Sayed critique le soutien militaire américain à Israël et s'oppose aux exportations d'armes destinées à ce pays.
Il estime que les ressources publiques américaines devraient davantage répondre aux besoins de la population, notamment dans les domaines de la santé et de l'économie.
La guerre à Gaza au cœur des désaccords
Depuis les attaques du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi dans la bande de Gaza, les positions sur Israël sont devenues plus conflictuelles au sein du débat politique américain.
Abdul El-Sayed emploie le terme de génocide pour qualifier les événements à Gaza et remet en cause la poursuite des livraisons d'armes américaines.
Cette qualification constitue sa position politique dans le débat. Elle ne doit pas être présentée comme une conclusion judiciaire définitive.
Au sein du Parti démocrate, certains responsables soutiennent une révision de la politique américaine envers Israël, tandis que d'autres défendent le maintien d'un soutien stratégique et sécuritaire.
Ces divergences concernent notamment les conditions de l'aide militaire, la protection des civils et les relations diplomatiques au Moyen-Orient.
Mike Rogers accuse son adversaire d'antisémitisme
Le candidat républicain Mike Rogers a vivement critiqué Abdul El-Sayed au cours de la campagne.
Lors d'un débat télévisé organisé le 8 octobre, il l'a accusé de recevoir des financements de personnes soutenant des organisations telles que le Hamas, le Hezbollah et al-Qaïda.
Selon RFI, Mike Rogers n'a pas présenté d'éléments étayant cette accusation. Elle ne peut donc pas être considérée comme un fait établi.
Mike Rogers accuse également son adversaire de diffuser des propos antisémites. Donald Trump a formulé des critiques similaires.
Ces accusations s'inscrivent dans une campagne particulièrement tendue. Il importe toutefois de distinguer les critiques adressées à la politique du gouvernement israélien des actes ou propos visant les personnes juives en raison de leur identité.
Une controverse après une attaque contre une synagogue
Abdul El-Sayed a également fait l'objet de critiques au sein de son propre parti à la suite de sa réaction à une attaque perpétrée en mars contre une synagogue de l'agglomération de Detroit.
Selon RFI, ses propos avaient suscité des réactions négatives, certains responsables estimant qu'ils risquaient de relativiser la gravité de l'attaque.
Le candidat a présenté des excuses à la fin du mois d'août.
Cet épisode montre la sensibilité des questions de sécurité, d'antisémitisme et de politique au Moyen-Orient dans le débat électoral américain.
AIPAC : plus de 30 millions de dollars dépensés lors de la primaire
La campagne du Michigan attire également l'attention en raison des dépenses des organisations politiques.
Selon RFI, l'American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), important groupe de pression favorable aux relations entre les États-Unis et Israël, a consacré plus de 30 millions de dollars à des efforts visant à empêcher la victoire d'Abdul El-Sayed lors de la primaire démocrate.
Cette somme illustre l'importance financière prise par cette confrontation politique.
Les dépenses de groupes de pression et d'organisations électorales ne doivent toutefois pas être automatiquement assimilées à des contributions directes aux candidats : leurs modalités dépendent des structures et des règles de financement applicables.
De son côté, Mike Rogers a pris ses distances avec l'idée de recevoir directement des fonds de l'AIPAC, selon RFI.
Des divisions également présentes chez les républicains
Les désaccords sur la politique américaine envers Israël ne concernent pas uniquement les démocrates.
Au sein du Parti républicain, certains courants défendent une réduction des engagements militaires extérieurs des États-Unis.
Ian Lustick, professeur émérite de sciences politiques à l'Université de Pennsylvanie, explique à RFI qu'une partie de ces républicains critique les interventions militaires prolongées et remet en question certaines formes de soutien américain à Israël.
Le chercheur souligne que ce courant demeure minoritaire, mais représente une composante importante du débat interne au parti.
Ces divergences traduisent une opposition entre différentes conceptions de la politique étrangère américaine : maintien des alliances traditionnelles, limitation des interventions extérieures et priorité donnée aux enjeux nationaux.
Pourquoi le Michigan occupe-t-il une place particulière ?
Le Michigan est un État politiquement disputé, marqué par son histoire industrielle, ses difficultés économiques et la diversité de sa population.
Les préoccupations liées à l'emploi, à la désindustrialisation et au pouvoir d'achat y occupent une place importante.
La campagne sénatoriale montre comment ces enjeux économiques peuvent se mêler aux débats sur les dépenses militaires et les relations internationales.
Elle permet également d'observer la manière dont les candidats cherchent à répondre à des électorats ayant des priorités parfois différentes.
La relation avec Israël pèsera-t-elle sur les résultats du 3 novembre ?
Pour Ian Lustick, interrogé par RFI, les relations entre Washington et Israël occupent une place exceptionnellement importante dans cette campagne de mi-mandat.
Cela ne signifie toutefois pas que cette question déterminera à elle seule le résultat des élections.
Les électeurs prennent également en compte l'inflation, l'emploi, la santé, l'immigration et les politiques économiques.
Le scrutin du 3 novembre permettra d'observer comment ces différents sujets auront été intégrés aux choix électoraux.
Conclusion
Les élections américaines de mi-mandat de 2026 mettent en lumière une évolution du débat politique sur les relations entre les États-Unis et Israël.
La campagne opposant Abdul El-Sayed à Mike Rogers dans le Michigan illustre des désaccords sur l'aide militaire, la guerre à Gaza, le financement politique et les priorités nationales.
À trois semaines du vote, les positions des candidats et les réactions des électeurs restent au centre de l'attention, sans qu'il soit possible de déduire le résultat du scrutin de ces seules controverses.
Source
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