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États-Unis : Donald Trump durcit les sanctions contre la Cour pénale internationale, 180 jours accordés aux États membres

Les tensions entre les États-Unis et la Cour pénale internationale franchissent une nouvelle étape. Le 9 octobre 2026, l'administration de Donald Trump a annoncé vouloir étendre ses sanctions à l'institution elle-même, avec un délai de 180 jours laissé aux États parties pour répondre aux préoccupations américaines. La CPI, l'ONU et plusieurs pays européens dénoncent une menace pour la justice internationale.

NS DIGITAL SERVICES · 10 octobre 2026 · 6 min de lecture

États-Unis : Donald Trump durcit les sanctions contre la Cour pénale internationale, 180 jours accordés aux États membres

Les relations entre Washington et la Cour pénale internationale (CPI) connaissent une nouvelle escalade. Le vendredi 9 octobre 2026, l'administration américaine a annoncé son intention de renforcer les sanctions visant la juridiction internationale installée à La Haye, aux Pays-Bas.

Selon les informations publiées par le quotidien économique français Les Échos, les États-Unis envisagent désormais de sanctionner la CPI en tant qu'institution, après avoir déjà ciblé plusieurs de ses responsables, notamment des juges et des procureurs.

Washington menace de bloquer les transactions avec la CPI

Dans un communiqué, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a annoncé que Washington entendait interdire les transactions avec la Cour afin de limiter ses ressources financières et sa capacité de fonctionnement.

L'administration américaine accorde un délai de 180 jours aux États parties à la CPI pour rechercher une solution répondant aux préoccupations des États-Unis.

À défaut d'accord, les nouvelles mesures annoncées pourraient entrer en application.

Marco Rubio a également réaffirmé la position américaine selon laquelle les États-Unis et leurs ressortissants ne relèvent pas de la compétence de cette juridiction.

Pourquoi les États-Unis s'opposent-ils à la CPI ?

Les tensions se sont particulièrement intensifiées depuis la délivrance, en novembre 2024, de mandats d'arrêt par la CPI contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l'ancien ministre israélien de la Défense Yoav Gallant, dans le cadre de la guerre dans la bande de Gaza.

Les mandats concernent des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Il s'agit d'accusations judiciaires, et non de condamnations définitives.

Les autorités américaines contestent la compétence de la CPI dans certaines affaires impliquant des ressortissants de pays qui ne sont pas parties au Statut de Rome, traité fondateur de la Cour.

De son côté, la CPI soutient que sa compétence peut s'exercer dans les conditions prévues par son statut, notamment lorsque les faits allégués relèvent de sa compétence territoriale.

La Cour pénale internationale dénonce une attaque contre son indépendance

La CPI a vivement réagi à l'annonce américaine, estimant que ces nouvelles sanctions portent atteinte à l'État de droit et au fonctionnement de la justice pénale internationale.

Sa présidente, Tomoko Akane, a réaffirmé que l'institution poursuivrait son mandat en toute indépendance et impartialité, sur la base du droit et des éléments de preuve.

Elle figure elle-même parmi les responsables de la Cour visés par des sanctions américaines, selon Les Échos.

Les restrictions financières imposées à certains responsables peuvent notamment compliquer leur accès à des services bancaires et à des moyens de paiement dépendant du système financier américain.

L'ONU et l'Union européenne apportent leur soutien à la CPI

Les annonces de Washington ont provoqué des réactions internationales.

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a exprimé ses préoccupations concernant les conséquences de ces sanctions sur les efforts internationaux de justice pénale.

La Commission européenne a également réaffirmé son soutien à la CPI et indiqué qu'elle était prête à prendre des mesures pour permettre à la juridiction de poursuivre ses activités.

Huit États parties au Statut de Rome, dont la France, le Canada et le Royaume-Uni, ont signé une déclaration commune défendant l'indépendance et l'impartialité de la Cour, selon Les Échos.

Qu'est-ce que la Cour pénale internationale ?

Créée par le Statut de Rome, entré en vigueur en 2002, la Cour pénale internationale est une juridiction permanente chargée de poursuivre des personnes soupçonnées de certains crimes internationaux particulièrement graves.

Elle intervient notamment dans les affaires de génocide, de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre et, sous certaines conditions, de crime d'agression.

La CPI ne doit pas être confondue avec la Cour internationale de Justice (CIJ), qui règle principalement des différends juridiques entre États.

Les États-Unis ne sont pas parties au Statut de Rome. Toutefois, la compétence de la CPI ne dépend pas uniquement de la nationalité des personnes mises en cause : elle peut également découler du territoire sur lequel les crimes présumés ont été commis ou d'autres mécanismes prévus par le Statut.

Quelles pourraient être les conséquences de ces sanctions ?

Si les mesures annoncées entrent en vigueur, elles pourraient compliquer les transactions financières et les relations avec certains prestataires de services de la Cour.

Leur portée réelle dépendra toutefois du contenu juridique des sanctions, de leurs modalités d'application et des éventuelles réponses des États parties.

La CPI affirme vouloir poursuivre ses enquêtes et ses procédures malgré les pressions américaines.

Le délai de 180 jours annoncé par Washington constitue désormais une échéance importante dans ce différend diplomatique et juridique.

Une annonce dans un contexte international sensible

Selon Les Échos, l'annonce américaine est intervenue quelques heures après l'attribution du prix Nobel de la paix 2026 à Navanethem Pillay, ancienne juge de la CPI.

Cette proximité chronologique attire l'attention, mais ne suffit pas à établir un lien de cause à effet entre les deux événements.

Au-delà du désaccord entre Washington et La Haye, cette affaire soulève une question centrale : comment garantir le fonctionnement d'une juridiction internationale lorsque certains États contestent son autorité ou prennent des mesures contre ses responsables ?

Source et référence

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Note éditoriale : cet article repose principalement sur les informations publiées par Les Échos le 9 octobre 2026. Les positions des autorités américaines, de la CPI et des organisations internationales sont présentées de manière attribuée.

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